La boîte à outils Attali |
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| 22-01-2008 | |
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Plusieurs dizaines de personnalités qualifiées et d'horizons variés, emmenées par celui qui fut un des conseillers les plus proches de François Mitterrand, qui tombent d'accord pour estimer que le « déclin relatif a commencé » et déplorer un « conservatisme général », voilà qui ne peut laisser indifférent. En 2004, Michel Camdessus ne disait pas autre chose. A l'automne dernier, Hubert Védrine déplorait lui aussi, dans un rapport sur la mondialisation remis à Nicolas Sarkozy, la « rigidité de notre économie, son manque de réactivité, le décrochage de notre système de formation et le manque d'investissement pour l'avenir », tout en insistant sur les atouts formidables dont dispose la France. Venant de figures dont aucune ne fait profession de pessimisme, ces conclusions ne peuvent être traitées à la légère. En dix ans, l'évolution est en tout cas spectaculaire. La difficulté commence évidemment avec les recommandations formulées. La commission a dès le départ fait un choix : viser large, pas à la marge, et s'inspirer de ce qui marche ailleurs. Le résultat, c'est un catalogue de propositions tous azimuts et de tous niveaux. Certaines sont désarmantes de bonnes intentions (sur l'éducation et les dépenses de santé), d'autres sont déjà en route (ajustement du contrat de travail) ou dans le débat public (le transfert des cotisations sociales sur la TVA ou la CSG), d'autres enfin sont vraiment audacieuses (sur le commerce ou les professions libérales). De tonalité libérale, elles ont la caractéristique de ne pas toujours aller dans le sens de ce que défend l'Elysée (principe de précaution, immigration). Plutôt équilibrées, elles exigent aussi des efforts partagés (allocations familiales sous condition de ressources, ouverture de professions fermées). Il est néanmoins dommage que la commission ne soit pas allée très loin sur le mode d'emploi de ses réformes, pour expliquer comment passer du souhaitable - ce qui est souvent le cas - au possible, ce qui lui donne un petit côté « y a qu'à ». Il revient maintenant à Nicolas Sarkozy de dire ce qu'il va faire de ce projet que Jacques Attali lui offre clefs en main et qui sera plus sûrement une boîte à outils dans laquelle l'exécutif piochera. « Ce que vous proposerez, nous le ferons », avait-il promis le 30 août. Le chef de l'Etat est-il prêt à affronter les oppositions qui ne manqueront pas d'apparaître ? La difficulté est double. Un : il n'est pas sûr que l'opinion, que les rapports finissent par lasser, juge la situation assez grave pour une action musclée. Deux : les bénéfices des réformes proposées sont attendus à moyen terme alors que les inquiétudes qu'elles soulèvent sont immédiates et que les politiques ont plutôt à coeur de rassurer quand la conjoncture, comme aujourd'hui, se dégrade. Une fenêtre de tir existe après les municipales. Il faudra l'utiliser pour que le travail de la commission Attali ne connaisse pas le sort du rapport Rueff-Armand en 1960. Unanimement célébré, il n'a pas été appliqué, le symbole en étant le statu quo sur les... taxis parisiens. Source Les Echos ; Par Dominique Seux Téléchargez le rapport au format PDF |