Dominique VALCK

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Directeur de l'agence
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Dominique Valck"Voici maintenant une bonne vingtaine d'années, les circonstances de la vie me permettaient d'embrasser une carrière atypique et prometteuse, où je pouvais allier mes goûts pour l'aventure humaine en équipe et le défi (la nécessité ?) d'une planète mieux gérée.
Une forme d'idéalisme en première lecture, mais malgré tout sous-jacent, allait me permettre de créer et coproduire un merveilleux projet : un conservatoire tropical pour la sauvegarde des espèces et des milieux menacés, le Conservatoire Botanique de Mascarin, labellisé en 1995 Conservatoire National par le Ministère de l'Environnement de l'époque.

Même s'il n'est plus fait mention de l'équipe qui a pensé, conçu, construit et fait reconnaître ce formidable outil, en voici le site.

Tout cela fait un peu partie de la légèreté de l'être ... Qui oubli. C'est amusant. Voici toutefois quelques espèces endémiques, au bord de l'extinction que nous avons sauvées.

RUIZIA cordata, dont j'ai pu retrouver des graines grâce à Monsieur de Boisvilliers en 1988 ... Le jour exact du 140ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage, (nouvelle que Sarda Garriga est venu annoncer en personne à La Réunion). OBETIA ficifolia autre espèce endémique et seule plante hôte d'un papillon endémique Salamis angustina. HIBISCUS liliiflorus, HIBISCUS boryanus, HERNANDIA mascarenensis. Et encore OCHROSIA borbonica, une Apocynaceae qui a la particularité de fabriquer de l'éllipticine, molécule particulièrement intéressante dans le traitement de certaines formes de leucémie.

Du coup, pourquoi oublier Tournefortia bojeri, CROTON mauritianus, BERENICE arguta, CARISSA xylopicron, CLERODENDRON heterophyllum, ERYTHROXYLON hypercifolium, FOETIDIA mauritiana, GASTONIA cutispongia, Gouania mauritiana, HUGONIA serrata, POLYSCIAS rivalsii, POUPARTIA borbonica , STILLINGIA lineata, STRONGYLODON siderospermum, TABERNAEMONTANA persicariaefolia, ZANTHOXYLUM heterophyllum, CLERODENDOM heterophyllum ...

Des dizaines d'espèces, issues d'un arrêté préfectoral, sauvées pour la préservation d'un patrimoine extraordinaire ... Un patrimoine particulièrement bien présenté par l'association Flore Réunion ... Comme quoi.

Mais notre créativité allait m'amener à me poser, et à poser aux décideurs politiques, de nouvelles questions d'organisation et à proposer des modes coopératifs plus subtils par la notion (alors empirique) de parties intéressées. Notre enthousiasme en assurant la réussite.

Ainsi nous arpentions les forêts et les pentes escarpées de la Réunion, nous trouvions et multipliions de nombreuses espèces au bord de l'extinction, souvent uniques au monde et régulièrement à l'état de reliques avec un ou deux individus retrouvés. Nous transmettions nos acquis dans des collaborations avec d'autres pays, nous réfléchissions et engagions des projets timides où se côtoyaient universitaires et industriels, et nous communiquions avec les écoles et les publics en difficultés. Nous travaillions avec l'UICN (Union International pour la Conservation de la Nature) à la stratégie mondiale de conservation, l'un des premiers textes fondateurs de ce qui deviendra, plus tard, le Développement Durable. Nous avions même réussit le tour de force de recevoir et d'organiser le 2ème Congrès Mondial des Jardins Botaniques pour la Conservation en rassemblant 34 nations à l'Ile Bourbon en collaboration avec le Secrétarit Mondial des Jardins Botaniques pour la Conservation.

Hasard ou pas, nous avions croisé la route de Nicolas HULOT pour encadrer d'un point de vue botanique l'un de ses tournages pour USHUAïA ...

La notion de Développement Durable faisait encore ses premiers pas quand notre structure s'est retrouvée sous le vocable 'd‘expert invité' au Sommet de RIO en 1992.

Pourtant, et malgré des résultats quantitatifs éloquents, j'étais quelque peu insatisfait, et parfois même gêné par de si piètres performances quand il s'agissait de constater, année après année, l'augmentation exponentielle de cette mauvaise gestion planétaire et même, comble de tout, l'accélération de cette tendance.

Je me serais donc trompé ... Je me serais donc prétendu capable de jouer un rôle. Peut-être n'avais-je pas compris ce que développement durable pouvait bien vouloir dire, déjà vidé de sens qu'il était ? Ou, en tout les cas, n'avais-je qu'une vision trop étriquée de ce phénomène nécessairement global ?

Je pensais dès lors que ma vision était trop fragmentaire, qu'aussi positive soit mon action avec ces premières approches transversales, elle ne pouvait pas se résumer à un point de vue trop environnemental.

Le plus difficile à faire, sur le plan personnel, fut d'admettre que mon positionnement relevait plus d'une structure ‘morale - idéologique' que de la nécessaire approche pragmatique que devait incontestablement nécessiter de tels challenges.

Il me fallait donc élargir mon champ de vision, mon champ professionnel, mon champ de compréhension. Le développement reposant sur la structure publique et le monde industriel aux sens les plus larges, je décidais de reprendre des études, d'acquérir et de faire mienne, la vision de l'autre, sans pour autant maîtriser sur l'instant de quelle manière j'allais pouvoir relier ces ensembles tellement dispersés et naturellement peu enclins à collaborer. Chacun étant certain de sa solution, de sa vision.

Je me suis donc attelé à comprendre le monde industriel, son langage et ses objectifs, ses grandeurs et ses erreurs, à comprendre et m'approprier ses spécificités et ses outils, la Qualité, la réglementation, l'organisation, la stratégie, les approches managériales désuètes ou éclairées ...

Dans le même temps, et pour compléter au mieux cette redéfinition de l'action j'avais l'opportunité de contribuer à la même démarche dans les services publics et de m'inscrire au cœur de démarches Qualité innovantes et du foisonnement de projets liés à la Réforme de l'Etat.

J'admettais donc qu'il me fallait approcher et comprendre ce qui, à l'évidence, était une structure complexe et que très certainement, le développement durable pouvait s'y inscrire à la condition d'en comprendre le fonctionnement et les blocages, sans a priori, sans conclusions hâtives.

Un terrain de réflexion et d'étude particulièrement propice et prometteur pour arriver à gérer ou mieux gérer les causes, plutôt que de se satisfaire d'une mièvre action sur les effets même si cela restera nécessaire (ou convenable dans l'urgence).

Le souci de l'action collective et indépendante allait naturellement conduire au développement d'un projet, d'une structure opérationnelle capable d'accompagner et soutenir les acteurs du territoire. Et comme les innovations que cela nécessitait ne permettaient pas à des structures existantes de muter vers ces nouvelles approches managériales, 3D Territoires, l'Agence Lorraine de développement durable est née."

 

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