Probablement un savant mélange de tout cela...
En me "frottant" au monde industriel, notamment celui de l'automobile et de la sidérurgie, j'ai pu observer la grande difficulté que rencontrent les entreprises à appréhender l'environnement.
D'abord d'un point de vue réglementaire. La législation et la réglementation sont relativement récentes ; du moins en terme d'obligation de mise en oeuvre. De plus, elles sont de plus en plus contraignantes pour l'industrie.
Ensuite, d'un point de vue strictement économique et financier. L'entreprise a pour principal but de créer de la richesse, de dégager des bénéfices. La protection de l'environnement, la mise en conformité d'installations plus ou moins anciennes et vétustes, la mise en place de filières d'élimination de déchets, le traitement des eaux usées... tout cela entraine un coût parfois très élevé.
Les chefs d'entreprises, lorsqu'ils sont pressés par les institutions telles la DRIRE, rechignent souvent à aborder ces questions, car elles touchent l'entreprise là où elle est parfois faible : le budget, la trésorerie, bref... le nerf de la guerre, l'argent. Ce qui nous amène directement à l'Homme, qui sans cette richesse ne peux travailler dans l'entreprise... La boucle est bouclée.
C'est pourquoi j'ai vite compris la limite de mon métier strictement environnementaliste. Aborder les problè;mes environnementaux sans pouvoir exiger la présence autour de la table des négociations du Directeur Financier ou du Directeur des Ressources Humaines , m'est vite apparu stérile, vide de sens, contre productif.
Convaincre, former, (marteler?), négocier et surtout, surtout, aboutir à une solution qui, d'une façon ou d'une autre, apportera la pierre à l'édifice de la gestion raisonnée de la planète."


"Lorsque j'ai terminé mes études d'horticulture, en 97, j'ai délibérément choisi de me spécialiser dans la protection de l'environnement en intégrant un DUT Biologie Appliquée Option Génie de l'Environnement. Pourquoi? Etait-ce parce que l'enseignement technique occultait trop les questions de fond? Ou bien parce qu'en observant certaines pratiques horticoles j'ai compris que ma capacité d'action ne pouvait se trouver que plus en amont? Probablement un peu de tout cela à la fois."
Toujours est-il qu'il m'a fallu me rendre à l'évidence que la nature est complexe et que sa protection l'est également : il faut sans cesse analyser, décortiquer, appliquer des protocoles, démontrer malgré des résultats plus que parlants... C'est un travail de longue haleine, souvent gratifiant, parfois frustrant... C'est le travail des laboratoires d'analyses ; c'est ce à quoi mon diplôme me destinait... Puis nous avons eu un module destiné à nous faire découvrir le management de la qualité et de l'environnement dans les entreprises et l'industrie. "Découvrir" car la plupart d'entre nous se destinaient à des carrières purement scientifiques (ce qui est louable). Ce monde, le monde de la Qualité, m'a immédiatement fasciné... était-ce la méthode et la rigueur que cela impliquait pour les entreprises? Ou bien le lien ténu que les Systè;mes de Management de l'Environnement imposaient avec la réglementation? 