Le cancérologue Dominique BELPOMME rend son rapport

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18-09-2007
On s'y attendait, et la catastrophe sanitaire annoncée se double de manquements historiques ... Plutôt ébouriffant ...

54 pages de pur cauchemar qui malheureusement se lisent d'une traite.
Dominique BELPOMME n'était pas seul sur le coup, bien entouré par des spécialistes de renom, dont Gilles-Eric SERALINI (copieusement décrié en commission parlementaire au sujet du Round-Up) ou encore Claude BOURGUIGNON.


Extrait :


"L'étude Hibiscus réalisée en Guadeloupe a permis de préciser l'état de contamination de la population par le chlordécone. La molécule a été retrouvée dans 90 % des prélèvements sanguins effectués chez la mère et dans le sang du cordon ombilical. Lorsque les prélèvements ont été réalisés dans le tissu graisseux, la fréquence de la contamination a atteint 100 % et 40 % lorsqu'ils ont été réalisés dans le lait des mères, 72 heures après l'accouchement. Les taux sont comparables à ceux détectés chez les hommes.
Une très forte proportion de la population Guadeloupéenne est donc contaminée, et il doit en être de même des Martiniquais. En fait, là encore, la critique provient du fait qu'on ne met en évidence que ce qu'on cherche. Autrement dit, il est fortement probable que les mères et les nouveaux-nés étudiés sont en réalité contaminés également par de très nombreux autres polluants, en particulier par d'autres pesticides, comme cela a pu être démontré dans plusieurs études internationales réalisées dans différents pays d'Europe et aux États-Unis."

Mais le rapport dénonce très régulièrement la succession de manquements graves, d'approximations et de ‘gestion à vue' qui ont conduit à des études coûteuses et incohérentes, à des travaux dont les résultats ne permettaient aucune suite logique.


Autre extrait :

[...] "Au total on ne peut que déplorer le fait qu'avant la mise en oeuvre des études épidémiologiques précédentes en Guadeloupe, il n'y ait pas eu de concertation préalable, rassemblant différents experts de santé publique, spécialisés dans les problèmes de toxicologie, de biologie moléculaire et d'écologie, ni de contacts pris avec des spécialistes en cancérologie, fertilité, néonatalogie et pédiatrie.
On aurait pu ainsi économiser des financements publics et certainement répondre de façon plus précise et efficace aux problèmes de santé publique posés, que ce soit en Martinique ou en Guadeloupe."


Tout le monde semble convaincu de la nécessité d'une enquête pour déterminer les responsabilités. Rappelons que suite à une motion du Conseil Général de Martinique, une plainte contre X a été déposée. Il est juste à espérer qu'on ne se contentera pas d'un coupable à pendre sur la place publique.

Et à ce sujet, rappelons aussi que des dysfonctionnements incroyables ont été décortiqués très précisément dans le travail d'investigation de Fabrice NICOLINO et François VEILLERETTE dans PESTICIDES - Révélations sur un scandale français

Sans crier Haro sur le baudet, vous y trouverez des pistes précises.


Le plus monstrueux dans cette affaire est de trois ordres.

Le premier concerne bien entendu les victimes. Car une fois les responsabilités clairement identifiées viendra bien entendu le temps des ‘indemnisations' ... De l'impudeur et du cauchemar puisque les victimes, comme souvent, seront considérées comme des profiteuses potentielles et devront prouver l'origine de leur brave cancer ... Examens, entretiens, enquêtes, preuves documentaires - disparues dans le dernier cyclone ... Ben oui, quand le sort s'acharne ! Bon, d'accord, je fais peut-être dans le procès d'intention et laissons venir.



 

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