La liste noire des plages polluées que l’on vous cache |
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| Écrit par Philippe Cohen-Grillet, Romain Katchadourian | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 03-07-2008 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Officiellement, la baignade n’est interdite cet été que sur 4 plages pour cause de pollution. Mais, selon l’étude d’une association, 131 d’entre elles devraient être fermées.
Liste des plages qui devraient être interdite : Classées par région et ordre alphabétique des communes
Les raisons : Tout baigne, officiellement. Si vous vous apprêtez à partir en vacances et rêvez déjà de faire trempette sur les plages françaises, n’oubliez pas de vous munir de crème solaire… et accessoirement de solides remèdes antidiarrhéiques. Car selon la très sérieuse étude de l’association Surfrider Foundation Europe , dévoilée hier, c’est près d’une plage sur dix qui devrait être fermée et interdite à la baignade pour cause de pollution des eaux. Mais, selon les autorités sanitaires, ministère de la Santé en tête, rien d’alarmant : seules quatre plages seront frappées d’interdiction. Explication de ce surprenant décalage. Les analyses réalisées partout en France prennent comme référence des critères fixés par une directive européenne de 1976. Or ce texte est – théoriquement – caduc et remplacé par une nouvelle directive adoptée en 2006. Et celle-ci fixe de nouveaux critères sanitaires, bien plus sévères et exigeants. De nouveaux critères prévus… dans sept ansMais la France n’adoptera ces nouvelles normes qu’en… 2015. Pourquoi un tel délai ? Mystère. Plus troublant encore, les autorités avaient, en théorie toujours, jusqu’au 31 mars dernier au plus tard pour transposer en droit français la directive de 2006. A ce jour, il n’en est rien. L’association Surfrider a donc méticuleusement examiné les données actuelles, officiellement collectées sur chaque site par les directions régionales des affaires sanitaires et sociales (Drass), à l’aune des nouveaux critères. La direction de 1976 fixe un seuil de « qualité obligatoire » à moins de 2.000 bactéries Escherichia coli (E. Coli) pour 100 ml d’eau. Le texte de 2006 durcit la norme et abaisse cette « valeur impérative » à 500 E. Coli pour 100 ml. En clair, une eau de baignade qui dépasserait ce chiffre serait considérée comme polluée et sa plage interdite. Mais pour l’heure, on peut donc s’y baigner en toute quiétude… uniquement parce que la France n’applique pas encore la directive de 2006. Signal d’alarme« Si rien n’est fait dans les sept ans qui viennent, nous courrons à la catastrophe, s’émeut Olivier Barrière de Surfrider qui a participé à l’étude. Nous voulons tirer le signal d’alarme et alerter les pouvoirs publics, communes, agences de l’eau et, bien sûr, l’Etat. Si aucune mesure n’est prise pour assainir l’eau et contenir cette pollution, 1 plage sur 10 sera fermée en 2015. » Les conclusions de l’association basée à Biarritz sont alarmantes et sans appel. Sur 1.617 plages étudiées (les données de l’Aude, des Alpes-Maritimes, de la Guadeloupe et de Saint-Pierre-et-Miquelon n’ont pu être examinées car arrivées hors délai) : 131 présenteraient une eau de baignade « insuffisante », et seraient donc interdites au public. 120 seraient tout juste « suffisantes », les autres seraient « bonnes », voire « excellentes ». Les causes de la pollution par l’E. Coli sont connues et dues, notamment, au traitement insuffisant des eaux usées et à l’élevage intensif dans certaines régions. Aucune fatalité, donc, à la perspective de voir fermer 10 % des plages dans quelques années. « Il n’est pas trop tard pour une prise de conscience ! » clame l’association Surfrider. Pas trop tard non plus pour que la France se conforme à ses obligations communautaires et transpose la fameuse directive.
Des méthodes de contrôle qui datent de 1976
Toujours est-il que les contrôles des eaux de baignade en France sont régis par une directive datant de… 1976. Elle n’a été modifiée qu’à deux reprises, le plus récemment en 1991. Les contrôles sont organisés tout au long de l’année et de façon bimensuelle pendant la saison balnéaire. Celle-ci s’étend du 15 juin au 15 septembre. Ce sont des agents des services santé-environnement des DDASS qui effectuent les prélèvements d’eau et les font analyser par des laboratoires agréés par le ministère de la Santé. Il existe à ce jour 3.200 points de surveillance répartis sur l’ensemble du territoire. Les critères d’évaluation sont obtenus grâce à des paramètres microbiologiques (présence ou non de germes témoins de contamination fécale), ou physico-chimiques (présence ou non de mousse et transparence de l’eau). En cas de non-respect de ces données, la baignade peut être interdite et une enquête est menée pour rechercher les causes de pollution. Mais Laurence Danand de la Direction générale de la santé de rappeler que « les noyades constituent le vrai risque en baignade puisqu’il y en a eu 1.207, dont 401 mortelles, en 2007 ». En somme pour le ministère de la Santé, au regard de ce chiffre élevé, il ne serait finalement pas si grave de se baigner dans une eau souillée par des matières fécales du moment que l’on ne s’y noie pas.
Edition France Soir du jeudi 3 juillet 2008 n°19839 Philippe Cohen-Grillet, Romain Katchadourian |
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