Biomasse à Metz

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28-04-2009

Afin de répondre à l’augmentation de la charge du réseau de chauffage urbain, de mettre aux normes et de remplacer certaines chaudières, ainsi que pour mettre en œuvre une solution économique rentable en substitution de l’actuel contrat de vente de l’énergie électrique, l’Usine d’Electricité de Metz (UEM) a décidé de se lancer dans la modernisation de la centrale de Chambière.

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Centrale thermique de Chambière
Pour ce faire plusieurs projets ont été étudiés (maintien du système actuel au charbon, réalisation des investissements minimaux (tout gaz), création d’une centrale biomasse chaleur seule ou en cogénération)… pour finalement retenir le projet de biomasse en cogénération (production de chaleur et l’électricité à partir de biomasse) qui permet les meilleurs rendements économiques, les meilleurs résultats sur le plan de la protection de l’environnement, ainsi qu’une production locale d’un combustible renouvelable.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des mesures prises en faveur du Grenelle par le Ministre de l’Environnement en répondant à l’appel d’offre CRE (Commission de Régulation de l’Energie) III pour la construction d’unités de production d’électricité à partir de biomasse et développement des réseaux de chaleur utilisant notamment les énergies renouvelables.

Le Maire de Metz, M Dominique Gros, le Président d'UEM, M Laurent Lajoye, le Directeur Général, M Francis Grosmangin, et l'Adjoint au Maire, M René Darbois, ont récemment présenté ce projet de Centrale à biomasse de l’Usine d’Electricité de Metz (UEM) à l’Hôtel de Ville de Metz.

De nombreuses questions subsistent pour les messins …

  

ImageChiffres clés

 45 millions d’euros d’investissement

               33 000 logements chauffés

               9 MW seront produits

               58% d’énergies renouvelables alimenteront la centrale de Chambière

               57 000 tonnes de CO2 « économisés » par an

               2012 … mise en production !

 
 
Focus sur l’UEM

Diversité des activités

La production et fourniture d’électricité constituent les activités historiques de l’UEM. Rapidement, elle a diversifié ses activités avec notamment la production et fourniture de chaleur et de froid, l’éclairage public, la vidéocommunication et l’internet, ainsi que la fourniture de gaz à partir de 2009.

Modes de production

De la même manière, les modes de production mis en œuvre sont variés et ont pris en compte l’évolution de la technique dans le temps : construction de la centrale de cogénération de Chambière en 1961, mise en production des centrales hydroélectriques entre 1933 et 1966, modernisation de la centrale de Chambière avec la mise en place de la turbine à gaz en 1992…

Multi énergie

L’une des caractéristiques de l’UEM sont ses centrales multi énergies permettant d’assurer une certaine stabilité d’approvisionnement mais également, la stabilité des coûts de production et donc de revente.

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Charbon
La centrale de Chambière, où sera implantée la chaudière biomasse, assure ainsi actuellement 70% de son fonctionnement par la consommation de gaz naturel en provenance de Russie, 19% par la vapeur issue de l’Unité de Valorisation Energétique (UVE) des ordures ménagères d’Haganis et 11% par la combustion de charbon en provenance d’Afrique du Sud et du Venezuela. 

 

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Unité de Valorisation Energétique des déchets (UVE HAGANIS - Metz)
 

Pour illustrer le caractère multi énergie de l’UEM, il est également possible de citer les trois centrales hydroélectriques, réparties le long de la Moselle, qui permettent une production d’électricité propre bien que dépendante du débit en eau de la Moselle.

 

Inconvénients du projet

Alors que de nombreuses personnes, détracteurs ou non, évoquent la problématique liée à l’approvisionnement en biomasse du point de vue matière (déboisement local, appauvrissement de la biodiversité, etc.) d’autres se questionnent sur l’aspect logistique de l’approvisionnement (émissions de CO2, nuisances sonores, etc.). Il semble alors nécessaire d’apporter quelques précisions...

 

 Points forts du projet

Le mix d’approvisionnement en biomasse

Constitué majoritairement de produits issus de l’exploitation forestière dans un périmètre proche (100 km maxi.). Il s’agit principalement d’arbres non valorisables en bois d’œuvre, de résidus de coupes d’éclaircies, de rémanents d’entretien et des branches restants après prélèvements des grumes.

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Déchets de scieries
Ce mix fera également appel aux branches et arbustes issus d’élagages et de travaux d’entretien (DDE, taille d’alignement, etc.) provenant des entreprises d’élagage et des paysagistes locaux, aux sous produits de scieries et de l’industrie de transformation du bois ne trouvant pas de valorisation industrielle, notamment les écorces et au bois de récupérations propres (DIB A) de centres de tri (palettes, coffrages, bois de déconstruction, souches, etc.) ne présentant pas de peintures ou traitements.

 

Aspect environnemental

L’atout indéniable de ce projet réside en premier lieu dans la supplantation du charbon par le bois et la vapeur issue de l’UVE. La part du charbon dans le mix d’approvisionnement passant de 11% à 1% suite à la mise en place du projet et la part du gaz naturel de 70% à 41% (cf. schémas).

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Mix d'approvisionnement
 

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Logo PEFC
De plus, la composition du mix d’approvisionnement proposé assurera la continuité dans l’approvisionnement et par la même la garantie de respecter les sources d’approvisionnement annoncées. En effet, la mise en place d’une meilleure gestion des forêts favorisera non seulement un usage des sous produits habituellement abandonnés mais également un maintien voire un enrichissement de la biodiversité. Par ailleurs, l’approvisionnement en plaquettes devra obligatoirement s’effectuer à partir de forêts certifiées PEFC.

Pour conclure sur l’aspect environnemental, il reste à préciser que l’utilisation d’un combustible local permettra de réduire les émissions de CO2 dues au transport, non seulement par l’utilisation possible de péniches ou autres moyens de transport fluvial mais également par le fait que la biomasse locale remplacera en partie du charbon d’origine lointaine (Afrique du Sud, Venezuela) dans la mesure où l’exploitation du charbon local n’est plus rentable depuis longtemps.

 

Aspect social

L’utilisation d’une ressource en bois énergie constituera non seulement un atout environnemental comme vu précédemment mais sera également générateur d’emplois, allant de l’ouvrier forestier jusqu’au gérant du parc à biomasse, en passant par les personnes assurant le transport. Le projet permettra également de fournir une énergie à prix moindre et stable (en comparaison avec l’énergie fournie aux installations utilisant des énergies fossiles). Sans oublier que dans le cadre d’un approvisionnement par péniche, les nuisances sonores seraient moindres vis-à-vis des riverains, ce qui génèrerait un cadre de vie plus sain que lors des approvisionnements par camions et par wagons de charbon.

 

Aspect économique

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Péniche sur la Moselle
Ainsi la mise en production de cette chaudière serait l’occasion de mettre en place un réseau de transport « vert » qui permettrait une économie de CO2 à laquelle se rajouterait ’économie de CO2 engendrée par la substitution du charbon par la biomasse. Se poserait alors la question de connaître les effets d’une augmentation de la fréquentation des axes fluviaux sur les éco systèmes qu’ils abritent et côtoient, et de mettre en place les mesures de compensation qui s’imposent.

Par ailleurs, au-delà même du développement de l’économie locale, la mise en place de l’utilisation de la biomasse permettrait le développement des capacités de production de l’UEM qui pour l’instant ne produit que 30% de l’électricité qu’elle distribue, assurant de cette manière une augmentation des bénéfices.

 

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Schéma pour le développement durable
 

Ainsi, le projet de centrale de cogénération à biomasse semble parfaitement s’inscrire dans la logique du développement durable auquel tout le monde adhère, par effet de mode, par esprit stratégique ou sous l’effet d’une conscience durable tout simplement. Reste aux personnes gérant ce projet, de correctement l’encadrer et de voir à long terme son évolution.

 

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