L’autoformation et la stimulation par concours re-stabilise un système de production |
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| Écrit par EcoAmerica | |
| 23-01-2009 | |
![]() Comprise entre 3600 et 4700 m, la zone Intersalar a une végétation essentiellement arbustive et cactée Etat des lieux – Enjeux En Bolivie, la zone Intersalar, délimitée par la frontière chilienne, la cordillère occidentale, le Salar d'Uyuni et le Salar de Coipasa souffre d’un climat froid (270 jours de gelée par an) et aride (moins de 200 mm/an). Les familles aymaras vivent traditionnellement de la combinaison de la culture de quinoa, et de l'élevage des lamas en développant des systèmes de production complémentaires (par rotation des terres, les excréments du lama fertilisent les champs de quinoa en repos), le tout régis par des règles communautaires ancestrales garantes de la durabilité des systèmes de production. En raison de la forte demande des marchés européens et nord américains en quinoa, sa culture fut intensifiée mettant l’écosystème en danger : abandon des rotations, diminution des périodes de repos, monoculture, extension des superficies cultivées au détriment des surfaces pastorales pour les lamas. Cela ajouté à la mauvaise utilisation de la mécanisation sur des terres sablonneuses sous une forte érosion éolienne (la mécanisation fut financée par la hausse du prix du quintal de quinoa de 60 à 750Bs en 20 ans, 1B = 0,1€ au 1/12/08) épuise les sols peu fertiles de nature et déjà fragilisés par l’arrivée des produits chimiques de la révolution verte de 1985. Les rendements de quinoa ont donc chuté de 15 à moins de 10 quintaux/ha en 10 ans (CICDA, 2008). Les producteurs maintenant dépendants de cette culture ont perdu la diversité des produits du lama (commerce de la laine, des animaux, de la viande séchée, ou encore du cuir). L'individualisation des producteurs, la formation des jeunes et les échanges migratoires avec le Chili voisin ont fragilisé les formes d’organisation communautaires rendant encore plus vulnérable cette complémentarité agriculture/élevage et portant atteinte à la conservation des ressources naturelles (eau, terre, pâturages, etc.) et à la durabilité de la production. Solution ![]() Le quinoa est une céréale andine très riche en protéines Les membres de la communauté se réunissent pour redéfinir leurs besoins puis trouvent une personne, au sein de leur groupe ou dans les villages voisins, qui soit capable de réaliser une formation répondant à ces besoins. ![]() L’autoformation permet de retrouver des savoirs ancestraux que les plus âgés détiennent Un fond d’appui aux initiatives communales (FAIC) évalue/finance des projets de tourisme alternatif, de transformation du quinoa, etc. Pour aller plus loin : Stimuler par des concours La mise en application des connaissances est stimulée par des concours sur résultats. Au niveau familial ou communautaire, l’équipe agronome organise des concours selon les besoins des concurrents pour trouver des solutions (thèmes : contrôle des ravageurs, organisation de campagnes de vaccination des lamas, amélioration des conditions de vie communautaire, implantation de haies vives dans les parcelles, artisanat, etc.) Les meilleures solutions sont ensuite partagées avec les autres communautés. La prime gagnée par la première moitié des concurrents est réinvestie dans ce qui leur fait défaut (produits chimiques interdits). Freins Les agronomes du projet doivent assumer une fonction d'animation, de mise en relation, de mise à disposition d'informations, ce qui n’est pas leur formation initiale. Les décideurs politiques sont réticents car peu habitués à ces techniques. Les critères de victoire pour les concours sont parfois très difficiles à instaurer. Une fois que le projet s’arrête (fin du financement externe, et de l’appui technique), la motivation des communautés baisse. Perspectives La transmission des savoirs est fragile dans beaucoup de pays où elle est essentiellement orale. Ces savoirs issus de l’expérience de centaines de générations, sont une ressource inestimable à recouvrer pour ne pas la perdre. Ce premier projet a montré des résultats intéressants. Ainsi, une nouvelle phase visant 150 communautés est en phase de lancement. Télécharger le PDF Contact : AVSF : www.avsf.org Béatrice Louis et Guillaume Mouton Projet EcoAmerica – Nov. 2008 www.nature-propre.org Le Blog EcoAmerica http://ecoamerica.unblog.fr 3D Territoires, partenaire d'EcoAmerica Retrouvez l'emission consacrée à EcoAmerica sur: www.europa21.org |